
Les enivrés
LES ENIVRÉS de Ivan Viripaev traduit par Tania Moguilevskaia, Gilles Morel
Mise en scène Philippe Calvario
avec : Cantor Bourdeaux, Marlène Da Rocha, Camille Dagen, Pierre-François Doireau, Ariane Heuzé, Sébastien Hoen-Mondin, Damien Houssier, Pia Lagrange
Mise en scène au Festival les Nuits de Joux
« J’ai perdu le contact avec le plus essentiel. Et ce contact c’est pourtant le plus essentiel. »
C’est dans ce début de confinement qu’il me faut écrire une présentation des Enivrés qu’on me propose de mettre en scène cet été. A cette heure, je ne sais même pas encore si le Festival aura lieu, je spécule, nous spéculons. Il me semble important d’écrire ce préambule quoi qu’il se passe dans les jours à venir.
Parler donc de cette pièce qui nous parle de l’ivresse, du besoin impérieux de s’enivrer d’alcool mais aussi et avant tout de poésie et de contact. « Nous avons perdu le contact » répète en vain Max au milieu de la pièce. Comment bien sûr ne pas ressentir le besoin absolu de raconter aujourd’hui cette histoire, de montrer ces personnages à vif qui désirent être ivres à tout jamais. Hommes et femmes qui s’accrochent les uns aux autres, se jettent des « je t’aime » comme des crachats ; des êtres bancals qui brûlent de ne plus pouvoir se parler, se comprendre, s’entendre. Une bande de solitaires égoïstes certes mais éclairés. Un ballet joyeusement désespéré. Des fêlés qui savent si bien laisser passer la lumière par tous les pores de leur peau. Des écorchés vifs, peau retournée ; mais pourtant tellement vivants. C’est cela en fait, ces enivrés sont tellement vivants ! Du coup, ils méritent tant qu’on leur donne vie.
Besoin vital de sortir de l’ombre que nous traversons avec les acteurs pour donner vie à cet enivrement futur. Vie, vie, vie, oui je le prononce ce mot, je le scande, je le répète plus que de raison, je le hurle. Nous le hurlerons pour vous et avec vous cet été !
Philippe Calvario